dimanche 20 septembre 2009

Paresse mon amour

Ce blog n'est pas du tout tenu à jour...

Sa propriétaire pourrait vous dire la difficulté de raconter un voyage avec des mots, de vous emmener dans la chaleur et la sécheresse du désert qui font tourner la tête et assèchent la bouche, de dire la surprise de se trouver dans une capitale de 7 millions d'habitants, plongés dans la civilisation et entourés de tout coté de montagnes immenses, de raconter l'émerveillement de se lever le matin, de tenter d'aller à la fac et de se trouver chaque jour sur un chemin différent, de se perdre et de s'enchanter devant une fresque colorée, de buter sur un chien qui sommeille au soleil, d'être klaxonné par un micro qui par magie se rend au même endroit que toi, de monter dedans et de s'aggriper au fauteuil de devant, partagé entre l'envie de fermer les yeux de peur à chaque tournant et de les ouvrir grand pour voir le défilement des maisons et des peintures, sentir le bus qui dévale la colline pour plonger dans le pacifique, arriver devant la fac et devoir faire demi tour car les routes sont bloquées par un feu, descendre et se trouver pris dans les gazs lacrymos, se réfugier au Roma et philosopher sur l'anarchie, les luttes mapuches, le système de santé en regardant le football.... Ou celui, après avoir festoyer la nuit entière, de sortir dehors et d'assister au lever du soleil sur la baie, de décider d'aller à portales regarder le retour des bateaux de pêche, les pélicans se battre avec les phoques pour quelques restes de poissons, rentrer chez soi avec un kilo de pinces de crabe, se faire un festin de roi avec toute la maisonnée et finalement aller se coucher...
Voilà, je pourrais vous dire que pour moi les images s'expriment mieux que les mots mais je ne vais pas vous mentir : je suis juste UNE GLANDEUSE et c'est vachement long d'écrire un article...
Donc pour vous permettre quand même de vous imprégner de ce que je vis ici, je publierai des photos avec parfois quelques commentaires, de façon très anarchique et sans organisation temporel mais tant pis et vive le bordel!

je mettrais toutes les photos sur : http://picasaweb.google.es/Ton.ame.en.caravane

(pour un aperçu un peu plus logique)

lundi 7 septembre 2009

Les chemins de l'Apocalypse

Vendredi 28 août, Valle del Elcanto.


Le bus nous abandonne le long d'une piste. Et on marche.


















dimanche 23 août 2009

Délices de l'espagnol

Petits enchantements de cette belle langue qui est une ballade interminable, et qui permet toutes sortes de détours...


- Mon coloc Claudio, le jour de ses 30 ans : "Tengo veintisiempre"
forever young...


- Après une petite maladresse de ma part, le cendrier renversé par terre : "El suelicero!"
(contraction de suelo, le sol, et cenicero, le cendrier)


- Parlant de la politique au Panama, avec un ami: "El reino del tropicapitalismo!"
(reino = royaume)

- Préparant une soirée... : "la copeteration"
(contraction de copete, quelque chose à boire (alcoolisé bien sur) - intraduisible, et cooperation)

- un dimanche soir : "el fomingo"
(contraction entre fome, moche, et domingo, le dimanche)
En Chile, nunca hay fomingos... El Pagano siempre abierto!!

J'adore...

Tchaito! (petit tchao)

PS : article prétendant à des additions tout au long de l'année... envoyez moi vos petites découvertes!

samedi 15 août 2009

Petit voyage entre amis

Bon bon, après 3 semaines au Chili je me décide enfin à donner quelques nouvelles… A vrai dire c’est la première vraie journée que je passe tranquillement dans mon nouveau chez moi, une vieille maison colorée typique de Valparaiso, en coloc avec 6 chiliens et une allemande. Bref, du coup j’ai du retard alors je vais passer rapidement sur la première semaine, même si c’était une chouette semaine : dès mon arrivée, j’ai fait du couchsurfing (pour ceux qui ne connaissent pas, c’est un site internet qui permet d’être hébergé gratuitement chez des gens qui aiment rencontrer des étrangers, à recommander sans hésitation) à Viña, la ville voisine de Valparaiso chez Ricardo et ses 3 colocs du Panama… Au programme : boire du maté, fumer la pipe, rencontrer toute la communauté centraméricaine du coin, assister à des entrainements de capoeira sur la plage, flaner dans les rues colorées de Valparaiso avec mes compagnons de sciences po, fêter le nouvel an maya, célébrer l’amour des peuples dans la cabane en bois des hippies du coin, passer un week end à Santiago avec des espagnols, une canadienne, deux chiliens et un vénézuelien (le programme, se composant d’un jour dans un parc d’attraction et un autre dans une patinoire est plutot éloigné de ce que j’aurais imaginé mais s’est avéré plutot rigolo, même si du coup je n’ai rien vu de Santiago…) ; et bien sûr : aller en boîte… Parce que moi, ardente réfractaire de ce plaisir nocturne, me suis trouvée une réelle âme de clubbeuse. Enfin il faut dire aussi que les boîtes d’ici n’ont rien à voir avec nos discos françaises, danser sur les tables pieds nus sur du reggaeton, c’est super rigolo… !

Bon donc après cette semaine assez folle, je réunis mes affaires qui se trouvent dans 4 lieus différents (une partie à Viña, une autre à Santiago et d’autres morceaux à Valpo !) chez Jean Jacques, compañero de science po, prépare mon sac et nous sautons, avec Renaud, autre compañero, dans un bus de nuit, direction : La Serena !



Arrivés à 6h du matin, nous remontons l’avenue principale de la ville - accompagnés de deux chiens errants qui ici partagent des bouts de chemins avec les voyageurs en tous genres – pour assister au lever de soleil sur la plage…














La mer, les montagnes, le phare : la vue est magnifique et la ville, encore endormie, est toute calme.



Petit moment cliché : rencontre de deux autres backpackers chiliens, donnant naissance à un dialogue assez rigolo du genre : « - Salut vous êtes des backpackers ? » « Ah ouais, cool, vous aussi ! » et si on regardait tous ensemble la mer en silence, en partageant une pipe…



La matinée s’avançant, nous allons faire un tour au marché artisanal du coin en attendant le réveil d’Estelle et Marion, deux autres françaises de sciences po que nous devons retrouver… Après avoir acheté des grosses laines de bébés alpaguas, en bons touristes que nous sommes, nous retrouvons les filles à l’hôtel, où nous nous offrons une sieste bien méritée. L’après midi, on enfile nos chaussures de marche, direction coquimbo, un port de pêche dans la ville à coté, pour voir les pélicans qui envahissent les bateaux. Mauvais calcul : ici le soleil se couche assez tôt (c’est l’hiver) et nous n’arriverons pas à temps… On se fait donc prendre en stop dans un pick up, et hop tout le monde à l’arrière les cheveux aux vents pour assister au coucher de soleil le long de l’avenue de la mer… Après une pause photos sur la plage, nous allons manger des fruits de mer à coquimbo avant de rentrer à l’hôtel et papoter avec les proprios autour d’un asado (barbecue, ici sport national).











Le lendemain, lever à 7h pour prendre une navette à 8h, direction Punta de Choros. La route est magnifique, la côte à gauche et les montagnes à droite. Nous finissons sur une piste poussiéreuse dans un semi-désert composé de sable, de roches et quelques cactus. On aperçoit des alpaguas au loin (famille du lama). Le village est tout petit, et désert car la saison touristique est plutôt l’été.



Petite ballade sur le port, on fait tomber la chemise le temps de quelques photos pour un clin d’œil à nos amis qui ont froid, et on trempote les pieds (l’eau est glacée !).







(j'assume moyennement la première photo!)



jean jacques et le saint protecteur des pêcheurs qui veille sur le port... Les signes religieux sont très présents au Chili

On parle un peu avec les pêcheurs du coin et on finit par acheter 5 poissons, fraichement pêchés (sous nos yeux) au harpon, que l’on déguste le soir… Un délice !





Le pêcheur vide les poissons, tandis que les mouettes se battent au dessus de nos têtes pour récupérer les restes


Le lendemain nous voulons prendre un bateau, pour aller sur l’île en face (réserve de pingouins, lions de mer, dauphins…) mais le temps ne le permet pas alors un peu déçus nous rentrons à La Serena. Nous louons une voiture pour aller le soir à Vicuña, ville principale de la vallée de l’elqui. Après quelques frayeurs sur la route (on a pris beaucoup de sens interdits et toujours pas compris où était affiché le sens des routes !), nous arrivons à Vicuña et décidons de sortir en boîte… Succès assuré de l’accent et des yeux français ! Nous finissons à 5h du matin au dessus du village dans la montagne à boire, parler et fêter l’anniversaire d’un sympathique chilien rencontré en boîte…
Grasse matinée le lendemain, nous flanons un peu dans la ville et allons à l’office du tourisme le soir pour acheter des tickets pour l’observatoire du coin (la vallée de l’elqui est un lieu privilégié pour observer les étoiles car le ciel y est dégagé 360 jours par an…) Pas de chance, nous sommes dans les 4 jours restants ! Nous entendons alors parlé par hasard d’une fête populaire dans le village du coin… Nous y sommes reçus comme des rois, déjà chacun un verre de vin chaud à la main et des galettes de maïs à grignoter alors que personne n’est servi… Les gens sont très étonnés de nous voir ici (c’est une célébration du peuple diaguita, indigènes du coin chassés par les espagnols) mais aussi très curieux… On danse, joue de la musique, chante des chansons révolutionnaires :
« El pueblo unido
Jamas sera vencido ! »
(le peuple uni, jamais ne sera vaincu)
Puis la soirée s’avançant, des chansons paillardes… (vidéos sur latetealambert.over-blog.com)
Anecdote de fin de soirée : jean jacques, qui a développé un rapport de possession mâle à la voiture a donc les clés dans sa poche et s’exclame, les lèvres violettes comme témoin du gout délicieux du vin : c’est paaaas moooi qui conduiiiiit ! en trébuchant joyeusement et faisant tomber les clés… T’as raison, c’est pas une bonne idée !
Le matin, on prend la voiture ( j’ai pu conduire un peu dans la montagne chilienne, c’est irréel !) pour aller à Pisco Elqui, petit village perché dans les montagnes et centre de fabrication du pisco, l’alcool chilien par excellence. Le paysage est magnifique, nous sommes entourés par les Andes qui culminent en moyenne à 4000 m !






Une sorte de désir primaire se réveille alors en moi et je tente de motiver mes compagnons pour une ballade à cheval… Marion, la seule emballée, sera enchantée par deux heures de marche à flanc de montagne guidé par un cow boy local, et un retour de nuit sur une pente à 45 degrés ou le cheval se laisse simplement glisser… (sensations garanties !)(les photos à cheval sur marionenchile.blogpsot.com)






Le soir, nous pouvons enfin aller observer les étoiles à l’observatoire.

Retour le lendemain à La Serena, où nous retrouvons une dame rencontrée à la fête du village et qui s’avère en réalité être la femme du maire socialiste de la ville. Après avoir détourner un agent de la commune pour nous faire une visite privée de la ville, avec entrée gratuite dans les musées, nous la retrouvons le soir avec sa fille et sommes invité au restaurant… N’ayant pas beaucoup d’expérience en restauration (du moins, pas du coté de l’assiette), c’est surement le resto le plus guindé que j’ai pu faire (stupeur : on nous amène les serviettes sur un plateau et on nous les donne avec une pince…) (d’ailleurs douée comme je suis j’ai réussi à y mettre le feu en la posant sur une bougie…). Plateau de fruits de mer fraichement pêché pour l’apéro, accompagné d’un pisco, puis congre et risotto de champignons avec un très bon vin du coin, tout en parlant de la dictature et de l’immigration en France, une soirée vraiment magique. Comme dirait Lamberto, on a le cul bordé de nouilles !
On se fait raccompagné au bus, pour un retour ensommeillé et pleins de rêves dans notre chère ville… !

samedi 18 juillet 2009

Es tu chien ou loup?

Le Bonjour à toi qui passe par là, que tu sois ami, famille ou un simple visiteur...
Ce blog a pour objet de relater mes aventures durant mon année au Chili et à travers l'Amérique du Sud: vous y trouverez des récits de voyage, des photos ou des pensées plus ou moins profondes..! N'hésitez pas à commentez les textes, et à me donnez de vos nouvelles!

Je dis donc aurevoir à mon cher patelin ce mercredi 22 juillet...


Pour commencer de manière philosophique, je laisse la parole à mon ancêtre La Fontaine, pour une petite fable très divertissante et qui a beaucoup à nous faire comprendre, car les temps qui l'ont produites - ceux de la servitude - ne se sont jamais réellement terminé, et le Roi d'aujourd'hui a un tout autre visage...

Le Loup et le Chien

Un Loup n'avait que les os et la peau,
Tant les chiens faisaient bonne garde.
Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
Gras, poli, qui s'était fourvoyé par mégarde.
L'attaquer, le mettre en quartiers,
Sire Loup l'eût fait volontiers ;
Mais il fallait livrer bataille,
Et le Mâtin était de taille
A se défendre hardiment.
Le Loup donc l'aborde humblement,
Entre en propos, et lui fait compliment
Sur son embonpoint, qu'il admire.
" Il ne tiendra qu'à vous beau sire,
D'être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
Quittez les bois, vous ferez bien :
Vos pareils y sont misérables,
Cancres, haires, et pauvres diables,
Dont la condition est de mourir de faim.
Car quoi ? rien d'assuré : point de franche lippée :
Tout à la pointe de l'épée.
Suivez-moi : vous aurez un bien meilleur destin. "
Le Loup reprit : "Que me faudra-t-il faire ?
- Presque rien, dit le Chien, donner la chasse aux gens
Portants bâtons, et mendiants ;
Flatter ceux du logis, à son Maître complaire :
Moyennant quoi votre salaire
Sera force reliefs de toutes les façons :
Os de poulets, os de pigeons,
Sans parler de mainte caresse. "
Le Loup déjà se forge une félicité
Qui le fait pleurer de tendresse.
Chemin faisant, il vit le col du Chien pelé.
" Qu'est-ce là ? lui dit-il. - Rien. - Quoi ? rien ? - Peu de chose.
- Mais encor ? - Le collier dont je suis attaché
De ce que vous voyez est peut-être la cause.
- Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
Où vous voulez ? - Pas toujours ; mais qu'importe ?
- Il importe si bien, que de tous vos repas
Je ne veux en aucune sorte,
Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor. "
Cela dit, maître Loup s'enfuit, et court encor.


Mieux vaut vivre affamé qu'attaché...